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Débuts

De mes parents j’ai hérité un domaine viticole. Je n’en n’ai ni rêvé, ni eu envie pendant très longtemps. Probablement que je n’aurais jamais appris ce métier, d’ailleurs, si ces terres n’avaient été là, si furieusement concrètes. Et mes parents, si tragiquement décédés.

Entre frères et soeurs ont suivi de très belles années. Les années « Crépon », comme je les appelais. Des années précieuses, des années d’apprentissage de toutes sortes. Mais 4,5 hectares de vignes c’est beaucoup, partager les responsabilités parfois complexes, et déléguer n’est pas encore possible lorsque l’on ne maîtrise pas encore suffisamment son sujet.

Il y a un peu plus de 10 ans j’ai donc demandé mon indépendance et je l’ai finalement reçue. Depuis, le domaine s’est réduit, volontairement, à 1,8 hectares et je suis – presque – seul à l’accompagner.

Que soient donc ici remerciées les petites mains vertes du printemps et de l’automne, fidèles, qui aiment mes vignes et qui, année après année, apportent ce soutien ponctuel si nécessaire !

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Vignes

Comme je n’ai ni étudié l’oenologie, ni fréquenté de cours de viticulture, je ne peux que parler par expérience. L’expérience de celui qui est dans sa vigne, qui écoute, qui observe, qui note et qui mémorise. Celui qui ressent. Et aussi celui qui ne comprend pas, mais qui un jour devra comprendre.

Souche après souche. Rang après rang, j’ai finalement apprivoisé mes vignes. Et chaque année – avec son lot de nouveaux enseignements – ai petit à petit façonné mon approche. Celle-ci reste très subjective, quasi instinctive. Mais je sais aussi qu’il faut amener de la rigueur pour ne pas rester dans le flou, l’approximation coupable.

Une quinzaine d’années n’ont donc pas été de trop pour emmagasiner et traduire tout cela.

Les herbicides ont disparu il y a plus de 20 ans, les engrais aussi, et la lune et ses cycles les ont remplacés. La taille s’adapte à chaque parcelle. À chaque cépage. Car ce qui est nécessaire pour un lopin de terre ne l’est pas pour un autre – vent, soleil, profondeur et qualité du sol, humidité des lieux, exposition – influencent et prédestinent. Et je sais et sens aussi, depuis, que chaque souche est différente. Comme chaque être humain l’est.

Les traitements sont d’abord devenus uniquement « bio », et leur nombre s’est réduit le plus possible. Car là aussi, inutile de traiter de façon systématique : cépages et expositions conditionnent tout.

Et il n’est pas question de produire une certaine quantité de raisins. Seul compte ce que la souche pourra donner. Raisonnablement. En fait, c’est elle qui donne le ton. Trop vigoureuse, elle sera fragilisée par rapport aux maladies, trop faible elle risque de ne pas survivre.

Je suis toujours fasciné par cette faculté de la vigne à s’auto-réguler !

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Vinification

En cave, mes principes sont relativement simples : matière première aussi irréprochable que possible afin de ne pas devoir traiter les moûts.

Les interventions sur la matière première doivent être minimales, c’est au jus, au moût, au raisin de s’exprimer. En fait, j’essaie juste d’accompagner, de surveiller, mais non pas d’intervenir.

Ensuite, les levures indigènes – ces merveilleuses amies – entrent en jeu et participent à caractériser au plus près mes vins.

Tout n’est pas si simple, bien sûr. La matière est et reste fragile, certains cépages s’adaptant mieux que d’autres à ce système si peu interventionniste. Pour les plus sensibles, il m’arrive – suivant les années – d’utiliser donc un peu de charbon, un peu d’argile. Le Chasselas en a parfois besoin. Le Sauvignon blanc aussi. Quant au soufre, je l’utilise, certes, mais avec grande parcimonie. Et les levures sèches, toujours biologiques, lorsque l’année a demandé plus de traitements. Mais cela reste très rare !